Quels mots-clés pour un restaurant à Saint-Germain

Un patron de bistrot m’a posé la question l’an dernier, en terrasse, café à la main : « Pourquoi je ressors jamais sur Google ? » Sa carte était bonne. Son site, moche mais correct. Le problème venait d’ailleurs. Il visait « restaurant gastronomique » alors que la moitié de la France tape ça. Personne ne le trouvait.

Voilà le nœud. À Saint-Germain-en-Laye, la concurrence sur les gros mots génériques est perdue d’avance. Un indépendant ne battra jamais TripAdvisor ou TheFork sur « meilleur restaurant ». Autant l’accepter tout de suite et jouer sur un autre terrain.

Le local d’abord, toujours

Le premier réflexe qui marche : coller le nom de la ville partout. « Restaurant Saint-Germain-en-Laye », c’est la base. Mais attention, les gens raccourcissent. Beaucoup tapent juste « restaurant Saint-Germain », parfois « resto Saint-Germain 78 ». Le code postal revient plus souvent qu’on croit dans les recherches sur mobile.

Ensuite on descend d’un cran. Le quartier. « Restaurant près du château », « restaurant rue de Pologne », « manger près du RER Saint-Germain ». Ces requêtes-là ont peu de volume, d’accord. Mais celui qui les tape est à dix minutes de votre porte, affamé, décidé. Le taux de conversion écrase celui des mots larges. Je préfère cent visiteurs qui réservent à dix mille qui regardent.

Il y a aussi tout le trafic de passage. Saint-Germain vit avec sa forêt, son marché du dimanche, le musée d’Archéologie. « Où déjeuner après le château de Saint-Germain », par exemple. Ou « brunch dimanche Saint-Germain-en-Laye ». Ce sont des touristes et des familles parisiennes venues pour l’après-midi. Ils cherchent une adresse une fois sur place.

Dire ce que vous êtes vraiment

Le mot « restaurant » ne suffit plus. Il faut préciser le type de cuisine, parce que c’est comme ça que les gens cherchent. « Restaurant italien Saint-Germain », « pizzeria Saint-Germain-en-Laye », « restaurant japonais 78 ». Si vous faites une seule chose, martelez-la.

Le budget compte énormément. « Restaurant pas cher Saint-Germain » et « restaurant gastronomique Saint-Germain » n’attirent pas les mêmes tables. Un midi ouvrier n’a rien à voir avec un dîner d’anniversaire. Choisissez votre camp, et parlez la langue de vos clients réels, pas celle que vous aimeriez avoir.

L’occasion, aussi. Les gens ne cherchent pas « restaurant », ils cherchent un moment. « Restaurant romantique Saint-Germain-en-Laye ». « Restaurant groupe anniversaire Saint-Germain ». « Où manger en amoureux près de Paris ouest ». Ces expressions longues, on les appelle la longue traîne. Peu concurrentielles, très qualifiées. C’est là que se cache l’argent pour un petit établissement.

Un exemple concret

Imaginons une crêperie côté vieille ville. Plutôt que de se battre sur « crêperie » tout court, elle devrait viser un paquet de requêtes précises : « crêperie Saint-Germain-en-Laye », « galette bretonne Saint-Germain », « crêperie près du château », « restaurant sans gluten Saint-Germain » si la carte le permet. Chacune ramène peu de monde. Additionnées, elles font un flux régulier et surtout des gens qui savent déjà ce qu’ils veulent.

Un détail que beaucoup zappent : la terrasse. « Restaurant avec terrasse Saint-Germain » explose dès les premiers beaux jours. Si vous en avez une, écrivez-le noir sur blanc sur votre site et votre fiche Google. Pareil pour « restaurant chien accepté » ou « restaurant terrasse ombragée ». Des micro-critères qui décident un choix en trois secondes.

Où placer tout ça

Trouver les mots, c’est la moitié du travail. Le reste, c’est de les mettre au bon endroit. Votre fiche Google Business en priorité absolue, parce que la recherche locale passe surtout par la carte et le pack de trois adresses en haut des résultats. Le titre de votre page d’accueil ensuite. Puis les textes du site, les descriptions de plats, les articles si vous en écrivez.

Un conseil que je répète souvent : n’inventez pas des mots pour lesquels vous ne méritez pas d’apparaître. Si vous n’avez pas de menu végétarien, ne visez pas « restaurant végétarien ». Vous attireriez des clients déçus, et Google le remarque vite quand les gens repartent aussitôt.

Le bon dosage tient en une phrase. Beaucoup de mots très locaux et très précis, quelques mots moyens sur votre spécialité, zéro énergie gaspillée sur les termes géants. Un restaurant de quartier gagne dans son quartier. Le reste, c’est du rêve qui ne remplit pas la salle.

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